Les Potagers Natures
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JUIN 2019

Pour ceux qui ne savent pas... l’installation était sobre.

Une planche, où des platines 1er prix côtoyaient des lecteurs cassettes, des boites-à-rythmes, des pédales d’effets, des bricoles bricolées, des jouets bendés aux sons distordus.
Un fil tendu entre deux bouts de métal était régulièrement frotté avec un archet d’où s’échappait un cri plaintif réverbéré rappelant le brame du cerf dans de lointaines forêts boréales.
Une lampe torche, main gauche, régulièrement saisie, frôlait d’un geste vif une cellule photo-sensible d’où émanait un son dont l’identification, parmi ce flux d’information sonore, m’est toujours resté mystérieux.
Les disques utilisés étaient des voix. Des voix narrant des situations ridicules. Des voix ridicules proposant des solutions ridicules à des situations ridicules.
— "Vous avez soif et vous prendrez volontiers un verre ?"
— "Zut à la fin, oui j’ai soif. D’accord, j’irais boire avec vous... !"
Les voix compréhensibles dans cet amas de sons urbains, décrivaient les affres d’une société dite "moderne" par ses codes de bienséances. Papa a une grosse voix et donc une grosse voiture et donc un bon travail.
Et au loin un cerf chantait son chant d’amour, seul, dans une immense forêt froide et sauvage.
Le démiurge de ce petit théâtre de personnages (qui par magie recréait la vie avec ses machines) bougeait ses bras, sa tête.
Chaque mouvement entrainait un destin ; chaque doigt posé dressait un décor ; chaque potard tourné dessinait une forme.
On regardait le spectacle d’un magicien, assis le cul au sol comme des enfants émerveillés.
C’était l’univers de Jean-marc qu’il dressait devant nous avec talent.


CABINE VOLCAN, Concert du 13/04/2018
https://lesconcertsdunovo.bandcamp....


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